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Le SNU, pas encore voté mais déjà controversé

Le service militaire d’un an, puis de 10 mois, la JAPD actuelle et maintenant le service national universel ou SNU pour les intimes, les gouvernements des 30 dernières années testent toutes les options possibles pour initier les jeunes à la défense du pays. Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle. Annoncé dès sa campagne, il doit présenter son projet de SNU prochainement. Un service universel qui ne plait pas à tout le monde.

Promesse de campagne, cette nouvelle version promet d’être plus courte que l’ancien service militaire obligatoire d’un an supprimé en 1996 par Jacques Chirac, mais plus longue que la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD) actuellement en vigueur et qui concerne tous les jeunes entre 16 et 18 ans.

La nouvelle formule voulue par le président Macron diffère sur plusieurs points. Premièrement, elle s’adresse aux jeunes entre 15 et 21 ans. Ils seraient appelés à passer un mois pour suivre des activités sportives et des initiations aux premiers secours dont une partie se déroulerait en internat. Ce SNU pourrait être prolongé pendant 3 à 6 mois supplémentaires uniquement pour ceux qui le souhaitent. Au niveau de son contenu, les aspects militaires ne seraient que minoritaires. Il s’agit plus d’actions civiques et associatives, un peu sur le modèle de certains services civiques. L’idée est plus d’initier les jeunes à l’« esprit de défense » selon les mots d’Emmanuel Macron. Sur le même modèle que les précédents projets, la réalisation du SNU conditionnerait l’accès aux examens du baccalauréat, du code de la route ou d’autres concours administratifs.

Le SNU, bonne ou mauvaise idée ?

Pas encore présenté en conseil des ministres, le SNU devrait entrer en vigueur en 2019. En attendant, le sujet divise. Suite à cette annonce, les organisations de jeunesse ont vivement manifesté leur mécontentement, mettant en avant le caractère « obligatoire et contraignant » de ce nouveau service universel et considérant cette nouvelle mesure comme un détournement de l’attention et un oubli des priorités. Elles sont 15 à s’être regroupées et à avoir signé une tribune dans le journal du dimanche du 2 juin. Leurs membres parlent même de mesure « paternaliste » et s’insurge de ne pas avoir été consultés sur la question, s’estimant les principaux concernés et lésés. 

Les jeunes pas si réfractaires que ça

Pourtant les jeunes sondés par Diplomeo ne semblent pas si réfractaires à l’idée d’être appelés pendant un mois à effectuer leur devoir national. 55 % des sondés affirment être d’accord avec son caractère obligatoire et 63 % approuvent le projet ce qui est contradictoire avec les positions adoptées par les associations étudiantes et lycéennes. Cependant, l’âge minimum à 15 ans divise, ils sont 53 % à considérer cette limite comme trop basse. Au niveau de la durée, 38 % des jeunes ayant participé au sondage estiment qu’un mois reste trop long pour cette action civique obligatoire. On les entend déjà regretter la JAPD d’une journée, qui n’enchantait déjà pas les jeunes car perçue comme une perte de temps et une contrainte.

Sur l’idée du SNU en lui-même, les participants ont pour autant un jugement relativement positif, 52 % le considèrent intéressant, 42 % nécessaire, mais 30 % avouent le trouver contraignant. On reste quand même loin des positions tranchées qu’ont exprimées les organisations de jeunesse.

Reste à savoir s’il sera appliqué sous la forme qui a été annoncée ou si le gouvernement reverra sa copie d’ici sa mise en application prévue en septembre 2019.

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